Développement du lien social et agriculture urbaine dans un quartier sensible à Valence
24 Septembre 2011
Un article du Journal Le Télégramme du 24 février 2011
Ils réduisent le volume de leurs poubelles en embellissant les parterres de leur immeuble. Les habitants de cinq résidences vannetaises utilisent un composteur collectif. Vingt-cinq autres immeubles vont s'engager dans la démarche.
Depuis novembre, dans les cuisines des résidences Saint-Fiacre, La Marle et Les Cèdres, le seau à compost s'est trouvé une place. Les épluchures de légumes et de fruits, le marc de café et les
sachets de thé, les coquilles d'oeufs et quelques fonds de plats y atterrissent naturellement. Conclusion: du jour au lendemain, le volume de la poubelle des ordures ménagères a baissé de près de
40%. «Comme on descend la poubelle, ou le jour où l'on vide son sac de tri, on va vider son seau dans le jardin», explique un habitant de la résidence La Marle. Une poignée de feuilles. Un tour
de brasse compost. Et l'affaire est jouée.
Une demande de résidents
«La demande est venue des résidents. Quand on a développé le compostage individuel, des gens nous ont appelés pour nous demander quand est-ce que ce serait possible de faire du compostage
collectif», indique Gilles Garancher, du service collecte des déchets de Vannes Agglo. Le service a sollicité un organisme pour accompagner et communiquer auprès des personnes intéressées.
Eisenia, une société coopérative ouvrière de production (scoop) suit les résidents dans la mise en place du composteur (lire ci-dessous). À Rennes, la scoop a déjà accompagné l'installation de
187aires de compostage concernant plus de 2.000 familles. Le CAT du Prat est aussi associé pour la partie technique: l'installation des bacs et l'aménagement des aires. À Vannes, aujourd'hui,
cinq aires de compostage fonctionnent. Une quatrième sera inaugurée la semaine prochaine. «Grâce au bouche à oreille, vingt-quatre nouveaux sites ont fait la demande d'un composteur collectif,
soit près de 700 logements. L'objectif est d'équiper 50résidences ou 1.000 logements chaque année d'ici à 2015», explique Gilles Garancher.
On en tire quels profits?
Nicole Geneau, guide composteur de sa résidence, constate que, chez elle, sur 30logements, 27participent à la démarche. «Certains refusent depuis le départ, mais d'autres, qui d'un prime abord
n'y voyaient pas d'intérêt, s'y sont mis. On me pose souvent la question du profit à retirer d'une telle démarche». Le développement du compostage collectif s'inscrit dans le cadre du plan local
de prévention et de réduction des déchets dans lequel Vannes Agglo s'est engagé auprès de l'Adem en 2009. «Quels profits? C'est une action permettant de maîtriser le coût du traitement des
déchets qui va exploser dans les années à venir. Ce n'est pas qu'une démarche d'écolo. On constate en plus que lorsqu'une personne se met au compostage, elle fait aussi plus attention au tri»,
ajoute Gilles Garancher. Le composteur joue par ailleurs un rôle social et les résidents se réapproprient l'espace vert de leur immeuble. Arrivé à maturation, le compost est disponible pour les
personnes souhaitant en mettre dans leurs jardinières de balcon ou leurs pots de plantes vertes. Le reste est réparti dans les parterres du collectif.